10 choses à savoir sur le tramway de Montpellier
Un tramway hippomobile dès 1897, un métro automatique abandonné et une ligne 5 sortie 128 ans après les premières lignes électriques.
Montpellier est une ville de tramway, pas de métro, et elle en a fait une affaire d'orgueil. Cinq lignes, 71,6 km de rails et 111 stations au 4 février 2026 selon la fiche Wikipédia du réseau : c'est plus d'arrêts que beaucoup de métros français réunis, et le tout a été construit en vingt-cinq ans à peine.
Voici dix choses que même les habitués du réseau TaM ignorent souvent : un tunnel de 150 mètres, une ligne qui parle occitan, un couturier au dessin des rames et une ligne 5 qui a mis six ans à sortir de terre après avoir failli ne jamais exister.
1. Le tram roulait déjà à Montpellier en 1897
Le tramway actuel n'est pas le premier. Un réseau hippomobile circule dès 1880, puis la Compagnie des tramways électriques de Montpellier met en service ses deux premières lignes électriques le 20 décembre 1897. Le réseau tient un demi-siècle avant de céder devant l'automobile et l'autobus : le dernier tramway quitte la place de la Comédie pour Castelnau-le-Lez le 1er février 1949.
Coïncidence que peu de monde a relevée en décembre dernier : la ligne 5 a été mise en service le 20 décembre 2025, soit 128 ans jour pour jour après l'ouverture des premières lignes électriques. Et la ligne 2 refait aujourd'hui, en sens inverse, le trajet du dernier tram de 1949 vers Castelnau-le-Lez.
2. Avant le tram, la ville avait choisi un métro automatique
En 1983, Montpellier ne parie pas sur le rail classique mais sur Aramis, le système de navettes automatiques développé par Matra. Le projet est finalement abandonné, jugé trop coûteux et trop complexe, et il faudra attendre 2000 pour voir un rail neuf dans les rues. Avec le recul, l'abandon d'Aramis a probablement sauvé la ville : le système n'a jamais été mis en service nulle part.
3. La ligne 1 a explosé toutes les prévisions
La ligne 1 ouvre au public le 1er juillet 2000, avec un service régulier à partir du 3 juillet. Les études tablaient sur 75 000 voyageurs par jour. En 2018, la ligne en transportait environ 127 800, soit près de 70 % de plus que prévu. Sur l'ensemble du réseau, TaM a compté 83,9 millions de voyages en 2024.
C'est ce succès immédiat qui a rendu politiquement évidentes toutes les lignes suivantes : la 2 en 2006, les 3 et 4 le même jour en 2012, la 5 en 2025.
4. Il y a un vrai tunnel, et il fait 150 mètres
Entre la station Corum et la place de la Comédie, le tramway de la ligne 1 s'enfonce sous terre sur environ 150 mètres, le long des voies ferrées. C'est la seule portion souterraine de tout le réseau, née d'un compromis face à l'opposition au tracé de surface initial. Pour beaucoup de visiteurs, ces quelques secondes dans le noir sont la seule chose qui ressemble à un métro dans toute la métropole.
5. La ligne 4 est un cercle, et c'était une première en France
La ligne 4 fait le tour de l'Écusson : 9,2 km, 18 arrêts, 35 minutes pour boucler la boucle. Elle a ouvert en 2012 sur un tracé partiel, puis a été refermée sur elle-même le 2 juillet 2016, devenant la première ligne de tramway entièrement circulaire de France.
Conséquence pratique : elle n'a pas de terminus, donc pas de direction affichée au sens habituel. On parle de 4a dans le sens des aiguilles d'une montre et de 4b dans l'autre. C'est la seule ligne du jeu où se tromper de sens vous coûte au maximum un demi-tour de ville.
6. Une seule ligne annonce ses stations en occitan
Depuis son bouclage en 2016, la ligne 4 double toutes ses annonces sonores en occitan : 18 arrêts, donc 18 annonces. La voix est celle de Stella Fontana, du théâtre TIO La Rampe, et les traductions ont été réalisées par l'Université Paul Valéry, qui a d'ailleurs sa propre station sur la ligne 5.
L'idée vient d'une pétition lancée en 2013 pour un tramway bilingue. Les autres lignes n'ont jamais suivi, pour une raison prosaïque : leur système d'annonces embarqué n'est pas le même.
7. Les rames sont dessinées par des artistes, dont un couturier
Aucun réseau français ne pousse la livrée aussi loin. Élisabeth Garouste et Mattia Bonetti signent les hirondelles blanches sur fond bleu de la ligne 1, puis les fleurs de la ligne 2. Christian Lacroix, enfant du pays, habille la ligne 3 de mondes sous-marins et la ligne 4 d'un doré baroque sur le thème du feu, censé évoquer le soleil du Languedoc. La ligne 5, enfin, a été confiée à l'artiste Barthélémy Toguo, sur un motif végétal et botanique.
Le résultat est qu'à Montpellier on n'attend pas « le tram » mais une couleur, et qu'on reconnaît sa ligne de loin sans lire un seul panneau.
8. Les transports sont gratuits pour les habitants depuis fin 2023
Le 21 décembre 2023, la métropole a rendu ses transports gratuits pour les résidents de ses 31 communes, sur présentation d'un pass gratuité. Avec environ 500 000 habitants concernés, c'est la plus grande agglomération européenne à avoir franchi le pas.
L'effet a été net et rapide : +23,7 % de fréquentation au premier trimestre 2024 par rapport au premier trimestre 2019, et une tendance qui a dépassé +33 % après un an, d'après les bilans publiés par la métropole. Le revers est connu de tous les usagers : la saturation aux heures de pointe.
9. La ligne 5 a failli ne jamais voir le jour
Imaginée dès les années 2000 sous le nom de « ligne 4 », son tracé est voté en 2013. Dès mai 2014, le maire Philippe Saurel annonce sa suspension : projet non prioritaire, non financé, remplaçable par du bus à haut niveau de service. Suit un moratoire de deux ans, puis une confirmation de relance en 2017, une refonte complète du tracé ouest pour préserver le parc Montcalm, et un vrai démarrage des travaux en avril 2019.
Bilan : six ans de chantier et 440 millions d'euros pour 16,3 km et 27 stations, de Clapiers à Grés de Montpellier. C'est le plus gros investissement de transport jamais engagé par la métropole.
10. Le tram va enfin à la gare TGV, sept ans après son ouverture
La gare Montpellier Sud de France a ouvert en 2018 au milieu des champs, à l'est de la ville. Elle a attendu le 18 octobre 2025 pour être reliée au réseau, par une extension de 1,3 km de la ligne 1 vers le quartier Cambacérès, à 60 millions d'euros, avec un pont neuf de 36 mètres au-dessus de l'A709.
Il faut aujourd'hui une vingtaine de minutes pour rejoindre la gare Saint-Roch depuis Sud de France. La métropole attend plus de 3 800 voyageurs par jour à ce nouveau terminus, qui est devenu du même coup la station la plus excentrée du réseau.
Le réseau en un coup d'œil
| Ligne | Ouverture | Longueur | Stations | Livrée |
|---|---|---|---|---|
| T1 | 3 juillet 2000 | 17,6 km | 31 | Hirondelles (Garouste et Bonetti) |
| T2 | 18 décembre 2006 | 17,5 km | 28 | Fleurs (Garouste et Bonetti) |
| T3 | 7 avril 2012 | 19,8 km | 28 | Mondes sous-marins (Lacroix) |
| T4 | 7 avril 2012 | 9,2 km | 18 | Or baroque (Lacroix) |
| T5 | 20 décembre 2025 | 16,3 km | 27 | Végétal (Barthélémy Toguo) |
Chiffres relevés sur les fiches Wikipédia des cinq lignes, à jour de février 2026. Le jeu, lui, couvre 110 stations : détail des différences dans la présentation de l'édition Montpellier.
Questions fréquentes
Combien y a-t-il de lignes de tramway à Montpellier ?
Cinq : les lignes 1, 2, 3, 4 et 5, ouvertes respectivement en 2000, 2006, 2012 (deux d'un coup) et 2025. La liste complète des arrêts est sur la page réseau.
Le tramway de Montpellier est-il vraiment gratuit ?
Il est gratuit pour les habitants des 31 communes de la métropole depuis le 21 décembre 2023, à condition d'avoir demandé son pass gratuité. Les visiteurs, eux, achètent toujours un titre de transport.
Y a-t-il un métro à Montpellier ?
Non. Il n'y a jamais eu de métro : le projet de navettes automatiques Aramis a été abandonné en 1983, et la ville a construit un tramway à partir de 2000. La seule portion souterraine est un tunnel de 150 mètres entre Corum et Comédie.
Quelle est la ligne de tramway la plus longue de Montpellier ?
La ligne 3, avec 19,8 km et 28 stations, devant la ligne 1 (17,6 km) et la ligne 2 (17,5 km). La plus courte est la ligne 4, circulaire, avec 9,2 km.
Combien de temps dure un tour complet de la ligne 4 ?
Environ 35 minutes pour la boucle entière autour de l'Écusson. C'est la première ligne de tramway totalement circulaire mise en service en France, en juillet 2016.