Les stations les plus bizarres du métro de Montréal

Quais empilés à 29,6 mètres, vitrail qui laisse entrer le jour, entrée parisienne authentique : dix stations qui sortent du lot à Montréal.

Cinquante ans de métro, ça laisse le temps d'accumuler des curiosités. À Montréal, les vraies bizarreries ne sont pas des légendes urbaines : elles sont dans le béton, dans les plans du réseau, parfois dans le nom même de la station. On en a réuni dix, chacune vérifiable.

Le classement n'a rien à voir avec la fréquentation ni avec le charme touristique. C'est juste dix stations qui sortent du lot pour une raison précise. Envie de vous y retrouver en jouant ? La page de Montréal tire une station mystère chaque jour, et la liste complète du réseau reste ouverte si vous voulez réviser avant.

1. Charlevoix, la station la plus profonde du réseau

Sur la ligne 1, le quai de Charlevoix descend à 29,6 mètres sous la surface. La roche à cet endroit, du shale d'Utica, laissait trop peu de place pour poser les deux voies côte à côte : les ingénieurs ont donc empilé les quais l'un au-dessus de l'autre et les ont reliés par un seul escalier, plutôt que de creuser deux stations distinctes.

2. Square-Victoria–OACI, une entrée parisienne greffée à Montréal

À la surface, cette station affiche une véritable entrée Art nouveau signée Hector Guimard, l'architecte des édicules du métro parisien. Offerte par la RATP, c'est un des rares exemplaires visibles hors de Paris, en plein centre-ville montréalais.

3. Champ-de-Mars, le vitrail qui laisse entrer le jour sous terre

L'architecte Adalbert Niklewicz a orienté l'entrée de Champ-de-Mars vers le sud pour que la lumière naturelle atteigne le quai, une rareté dans un réseau entièrement souterrain. Elle éclaire un immense vitrail de l'artiste québécoise Marcelle Ferron, « Les grandes formes qui dansent », offert par le gouvernement du Québec en 1968. En 2013, l'artiste Philippe Allard a ajouté une murale inspirée du vitrail dans le tunnel voisin.

4. Crémazie, la station tapissée de céramique

Ici, pas de vitrail mais une grande murale de céramique intégrée aux murs de la station, un choix de matériau plus courant dans l'art public montréalais des années 1960 que dans les stations plus récentes du réseau. La céramique a un avantage pratique que le verre n'a pas : elle survit sans entretien à des décennies de passage, de sel de déneigement traîné sur les semelles et de nettoyage à grande eau.

5. Jean-Drapeau, la station qui ne dessert qu'une île de fête

Terminus de la ligne 4, elle s'appelait à l'origine Île-Sainte-Hélène et ne dessert, sans surprise, qu'un parc sur une île : celle où s'est tenue Expo 67. Renommée en 2000 en l'honneur du maire Jean Drapeau, elle reste la seule station du réseau construite pour amener des visiteurs vers un site d'exposition plutôt que vers un quartier résidentiel.

6. Snowdon, quatre voies et quatre quais pour changer de ligne sans effort

Ouverte en 1981 puis complétée en 1988 pour la ligne 5, Snowdon a été bâtie avec quatre voies et quatre quais superposés au lieu des deux habituels, pour permettre une correspondance directe entre les lignes orange et bleue sans traverser tout un couloir. Une configuration que le réseau n'a reproduite nulle part ailleurs.

7. Peel et McGill, à peine 300 mètres l'une de l'autre

Sur la ligne 1, ces deux stations ne sont séparées que d'environ 300 mètres, l'écart le plus court du réseau. Le temps que la rame prenne de la vitesse, elle freine déjà pour l'arrêt suivant, ce qui en fait probablement le trajet le moins rentable du réseau pour quiconque serait tenté de le prendre plutôt que de marcher.

8. Cartier et Henri-Bourassa, plus de deux kilomètres dans le noir

À l'opposé, sur la ligne 2, l'écart entre Cartier et Henri-Bourassa dépasse les 2 km, le plus long tronçon sans arrêt du réseau. Cartier, comme De la Concorde et Montmorency, se trouve d'ailleurs à Laval, ouverte seulement en 2007 : le seul bout de métro montréalais qui ne touche pas l'île de Montréal.

9. Bonaventure, la station greffée à une gare du 19e siècle

Bonaventure communique directement avec la gare Windsor, un bâtiment ferroviaire historique du centre-ville, et avec la gare Centrale par le réseau de couloirs souterrains. On y entre par le métro et on peut ressortir cinq bâtiments plus loin sans jamais remettre le nez à l'extérieur.

10. Berri-UQAM, le seul triple croisement du réseau

Trois lignes s'y croisent en même temps, une configuration unique dans le réseau. Le nom lui-même est un empilement : la rue Berri, plus l'Université du Québec à Montréal construite juste au-dessus. Avant de s'appeler Berri-UQAM, la station portait le nom de Berri-de-Montigny, en référence à une autre rue du quartier, un rappel que même les noms de station changent avec le temps.

Questions fréquentes

Quelle est la station la plus profonde du métro de Montréal ?

Charlevoix, sur la ligne verte, avec un quai à 29,6 mètres sous la surface, à cause d'une roche qui laissait trop peu de place pour deux voies côte à côte.

Peut-on voir le vitrail de Marcelle Ferron sans acheter de titre de transport ?

Non, le vitrail « Les grandes formes qui dansent » est installé côté quais, à la station Champ-de-Mars, donc il faut valider un titre pour y accéder.

Pourquoi la ligne jaune n'a-t-elle que trois stations ?

Elle a été construite spécifiquement pour Expo 67, afin d'amener les visiteurs sur les îles Sainte-Hélène et Notre-Dame, et n'a jamais été prolongée depuis.

Y a-t-il une vraie station de métro parisien à Montréal ?

Pas une station entière, mais une entrée authentique signée Hector Guimard, installée à Square-Victoria–OACI et offerte par la RATP.

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